Villemur, dés les temps les plus reculés a deux églises, toutes deux anciennes, toutes deux liées à l’histoire de la cité.
Ces deux églises avaient été données, en 1124 ou 1125, par Pons et Pierre Rames à Hugues II, abbé de Saint-Théodard de Montauban, d’après un cartulaire de ce monastère.
A – L’ÉGLISE SAINT-MICHEL
L’église Saint-Michel est l’église de la cité.
Sur le même site, quatre églises successives ont été édifiées jusqu’à aujourd’hui.
1 - XIIe siècle : première église
Une église dédiée à l’Archange saint Michel est mentionnée dès 1124, puis, en 1271, désignée comme l’église Saint-Michel. C’est dans cette église, en effet, que le seigneur de Villemur prête serment de fidélité au roi de France, le 22 novembre 1271.
2 - XIVe siècle : au temps du gothique toulousain - 2ème église
Plus tard, sur le même lieu, est reconstruit à partir de 1382 le chevet de cette église, travaux réalisés par Jean Morin sur le même plan que le chevet de l’église Saint-Jean mais le nouvel édifice sera plus large (une ½ brasse) et plus élevé (en proportion de la largeur).
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« Dans les registres de Me Bertrand de Cans de Toulouse, découvert par Jean Contrasty, le 18 août 1382, Jean Maurin s’obligeait vis-à-vis de Pierre Mélet, prêtre demeurant à Toulouse, originaire de Villemur, à construire jusqu’à complet achèvement le chevet de l’Eglise Saint Michel, conformément au plan d’une église dédiée à Saint Jean, érigée en ce même lieu. Il était stipulé que le nouvel édifice serait plus large de demi brasse et plus élevé en proposition. Pierre Mélet fournit ciment, charpente, cintres, ferrures, plomb, pierres des gaffonnières pour le scellement des gonds et la clef du ciborium (ici note Lestrade, il s’agit du point central du chevet où viennent se grouper les arcs de la voûte). Il ferait aiguiser les outils et ferait creuser les fondements, mais ceci sous l’expresse surveillance du maître d’œuvre. Un immeuble avec 2 lits serait tenu à la disposition de J. Maurin et de ses serviteurs. Pierre Mélet restait chargé d’approvisionner d’eau les constructeurs pour fabriquer le mortier et ‘’éteindre la chaux’’. Le sanctuaire achevé, on devait dresser trois autels de brique et une citerne, devant le maître-autel, à l’intérieur du dit chevet. Délai accordé, un an à partir de la Toussaint prochaine. Prix : 300 fr d’or payables, 100 fr. immédiatement, 100 fr. dès que la maçonnerie atteindrait l’emplacement réservé aux chapiteaux, 100 fr. dès que se dessineraient les ogives de la voûte. Sauf les‘’pierres gaffonnières’’ pour scellements, l’entière construction admettait la seule brique plane, à la voûte comme aux murs. Pour ce motif, le 29 août 1382, Jacques Bonaud et Jacques Dupuy promettaient à J. Maurin 8.000 briques au prix de 28 florins d’or, aussitôt payés, avec engagements de fournir en temps opportun, le reste des briques nécessaires ».
Cette église devait être fort belle, de style gothique et en briques. Quant à son clocher, certains pensent qu’il pouvait s’agir d’un clocher-mur, simple paroi verticale triangulaire, selon un modèle répandu.
Cette église a vu l’installation d’orgues, antérieurement à 1556, puisqu’à cette date, nous connaissons un contrat au sujet de travaux à effectuer. En effet, le 8 juillet 1556, « le gouverneur de Villemur et autre consul ont passé marché avec André de la Costure, compositeur d’orgues afin d’aménager tous les jeux de flûtes, les trompes, plus un jeu de timbales d’étain ». Cette création d’un instrument est un indice de l’importance de la ville et du statut religieux qu’elle se donne en adoptant les orgues, instrument promu à servir le plus dignement la musique sacrée.
L’église Saint-Michel fut endommagée du fait des guerres civiles et religieuses qui ont marqué particulièrement Villemur, ville devenue protestante ; ne dit-on pas que « les catholiques et les protestants se battirent même dans le clocher ». Elle na pas manqué aussi de se dégrader du fait de sa fermeture quelques décennies. Sinon démolie, du moins l’église se trouve-t-elle en mauvais état. Le chapitre de la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse n’entend pas financer les réparations de l’église, un mémoire est donné le 17 novembre 1609 « à Mgr l’évêque de Montauban par M. Bardion chanoine de cette église au nom du chapitre [cathédral de Toulouse] pour faire voir et prouver que ledit chapitre n’est point tenu à contribuer à la réparation de l’église de Villemur »
3 - après les guerres de Religion, 3ème église [1613, 1673]
L’église de Villemur a été bâtie en 1613 – une inscription apposée, alors, à un des murs attestait, nous dit-on, ce fait.
La Paix civile et religieuse revenue, l’église Saint-Michel est en grande souffrance : l’évêque de Montauban célèbre les sacrements, en 1611, dans une église complètement délabrée. Celle-ci nécessite des premiers travaux réalisés en 1615, travaux provisoires, accomplis en urgence, en fonction des nécessités et des ressources disponibles - tel le rétablissement de la toiture.
Le clocher reste inachevé. Les travaux réclamés cependant ne s’effectuent pas, ceci malgré l’arrêté du 26 mai 1648, faisant obligation de relever les ruines.
L’église est surtout reconstruite, en 1673, et ce, aux frais du chapitre Saint-Etienne de Toulouse, de l’évêque de Montauban, du recteur de la communauté, après les deux injonctions du Parlement, arrêts du 26 mai 1648 et du 6 février 1673. Un acte du 10 mai 1673 passé chez Me Custos nous apprend que les entrepreneurs seront tenus de démolir l’église qui est présentement audit Villemur et, au même endroit, ils en rebâtiront une nouvelle sur les anciens fondements, s’ils se trouvent assez forts pour soutenir ladite bâtisse et à telle distance que nef et presbytère (i.e. le sanctuaire) de la dite église puissent avoir cinq cannes six pans de largeur [10, 50 m] dans l’œuvre. De plus seront tenus de faire la nef de ladite église de dix-sept cannes, deux pans de longueur [31, 45 m] ». Les travaux de charrois et de manœuvre incombent aux habitants ; ils en sont déchargés moyennant la contribution aux dépenses dans la proportion d’un tiers. La maçonnerie et la charpente sont adjugées au prix de 3.350 livres. La réception des travaux est constatée, par acte notarié du 29 mars 1676.
Nous n’en connaissons donc pas le plan exact, comme l’écrit le chanoine Pierre Gayne, en particulier le tracé du chevet, mais la simple lecture du bail montre assez éloquemment que le travail s’est fait dans des conditions plutôt médiocres. De fait l’on prévoit qu’à partir d’une canne de haut, le reste de l’édifice soit fait de mortier de terre, la couverture étant en bois de sapin en forme d’anse de panier.
On sait seulement que cet édifice était implanté, sur une aire de 40 m de longueur et de 10 m de largeur, qu’il y avait sept chapelles et deux sacristies. Plus haut et plus grand que le précédent. Mais les matériaux sont pauvres car « à partir d’une canne de haut [1,822 m], le reste de l’édifice était fait de mortier de terre, la couverture en bois de sapin pouvant avoir la forme d’une anse de panier. »
Une transaction du 9 avril 1679 règle pour l’avenir la contribution aux réparations dans la proportion de moitié à la charge du chapitre Saint-Etienne de Toulouse et l’autre moitié à la charge de l’évêque de Montauban et du recteur de Villemur.
En 1703, les peigneurs de laine de cette ville s’érigent en confrérie et bâtissent, de leur propre deniers, à leurs frais, une chapelle aux ailes de l’église [acte du 3 août 1703].
Cette chapelle était totalement indépendante de la nef, elle avait la voûte à part, ainsi que les autres chapelles de cette église qui appartiennent ou à des particuliers ou à des confréries de corps de métiers.
« Celle des peigneurs de laine, créée en 1702, se détruisit d'elle-même et depuis 40 ans ils n'ont fait aucun acte ni exercice de frèrie, la chapelle qu’ils avaient construite fut abandonnée, sa ruine totale suivit de près cet abandon. Nous voyons qu’en 1748 M. de Verthamon, Evêque de Montauban ordonna des réparations au plafond - toutes ces ordonnances furent inutiles, et le mauvais état de cette chapelle empira tellement, qu’elle menaçait une ruine prochaine »
Au cours de cette période, l’église Saint-Michel est toujours le lieu des investitures. Ainsi chaque prise de possession de la vicomté donne lieu à de grandes et imposantes manifestations mettant en œuvre une geste rituelle et un protocole convenu. La prise de possession de 1720 est ainsi décrite :
« au jour fixé, les consuls revêtus de leurs robes, les officiers et les habitants, précédés de cent hommes d’armes avec fifres et tambours, allèrent prendre le mandataire du nouveau seigneur et le conduisirent devant la porte de l’église où Jean de Monselbe, conseiller du Roi, prit par la main Mathieu Brémond, fondé de pouvoirs du nouveau vicomte, et le conduisit dans l’intérieur de l’église, le fit agenouiller devant le maître autel, les cloches sonnant. Il le mena ensuite sur l’emplacement de l’ancien château ; de là, à la porte Saint-Jean où les consuls lui firent la remise des clefs de la ville, puis devant les prisons et enfin devant la maison commune ».
Dans les années 1722-25 nous assistons à l’aménagement du sanctuaire. Début septembre 1722, a lieu la mise en place du retable du grand autel. Coranjou garçon menuisier est employé 36 jours par le curé Saint-Sardos pour l’installation de celui-ci. Ce retable, ainsi que le tabernacle sont l’œuvre du sculpteur Thierry, qui meurt pendant sa réalisation. Il n’en avait réalisé qu’une partie. En décembre 1728, se pose la question de la suite. Le tabernacle est ainsi doré. C’est à la suite de cet aménagement que le curé Saint-Sardos vend aux habitants de Villebrumier le cadre du tableau du grand autel, et à un habitant de Nohïc, un tableau de la chapelle Notre-Dame.
Nous apprenons - du fait de quelque litige consigné dans le registre des délibérations le 24 avril 1723 - que M. Durouson, écrivain de cette commune, « a fait quelques réparations au tableau du grand autel de l’église de la présente ville et à d’autres tableaux de la dite église a fait à certaines raisons de certaines fournitures dont il demande d’être payé »
En 1739, le toit de l’église et la galerie du clocher ont besoin de plusieurs réparations essentielles. Cette même année, le sculpteur Harcy de Toulouse finit, au cours de l’été, le retable de l’ église, comprenant notamment les statues de saint Jean et de saint Pierre, selon le contrat retenu chez Me Coulom, notaire.
En septembre 1766, des réparations sont à faire à la toiture, par suite des grands orages de l’année.
Des travaux doivent être encore réalisés, en juin 1776, pour agrandir la tribune et aux fonts baptismaux. En février 1778, il est toujours question d’agrandir ou de reconstruire la tribune pour créer des places, l’église étant trop petite pour la population et de modifier l’emplacement des fonts baptismaux, situés sur l’aile gauche de l’église, transportés un peu plus bas, quelque peu reculés sur la rue, comme le suggère le cadastre de 1812. A cet emplacement est créée la chapelle Sainte-Catherine où est établie la confrérie des gens de mer (sic). C’est Gaspard Duvernet qui a la charge de ces travaux, le parachèvement de la tribune ayant lieu en 1786.
Le 15 mars 1778 des travaux sont effectués à la chapelle du Président de Ménoire, seigneur, vicomte de Villemur, afin d’aménager une tribune pour lui et sa famille : « on se servira de l’emplacement qui existe à gauche depuis le sanctuaire jusqu’au banc de l’œuvre du T.S. Sacrement ; le mur sera percé et on y bâtira une voûte pareille à celles des chapelles particulières qui se trouvent immédiatement après du même côté ».
Patrimoine campanaire
En mars 1728, on fait monter la grosse cloche au clocher. En 1742-43, Guillaume Bessière et Pierre Faure, ouvriers de l’église paroissiale de Villemur reconnaissent devoir à Jacques del Royre la somme de 9 écus et 14 gros d’or, solde de ce que coûte l’achat d’une cloche « unius quille », pesant un quintal et vingt-trois livres. Le solde est réglé à la Saint-André de la même année.
En 1750, trois cloches sont refondues par Bernard Lafage ou Lafargue qui meurt peu après avoir procédé à la refonte. L’une d’entre elles, est rendue plus grande.
Jean Baptiste Chrestien assurera aussi un travail de refonte en 1754 et la fabrication d’une cloche neuve, cloches reçues pour le 15 août. Quelques années après, en septembre1766, a lieu la réparation de la grande cloche de l’église.
En 1829, une réparation est à effectuer. En mai 1846, la petite cloche s’est brisée. Le conseil municipal de joint à la Fabrique pour acheter une autre cloche.
En 1831, lors de la visite pastorale, il est fait mention de trois cloches.
Pendant la Révolution
Le 19 septembre 1790, il est question de la réparation urgente des trois cloches.
L’église de Villemur n’a pas à l’abri des ravages opérés au cours de ces années, comme deux observations l’indiquent : celle des marguilliers dans une lettre au Préfet du 8 floréal an XIII [28 avril 1805] : « Par l’effet de la révolution, l’église de Villemur se trouve entièrement dégradée. Le choeur de cette église surtout a besoin de grandes réparations. Les statues qui décoraient anciennement ce chœur ont été non seulement enlevées, mais toutes les dorures ont été entièrement brisées ou du moins martelées, de sorte que l’état actuel du chœur de cette église ne peut s’accorder en aucune manière avec la dignité et la décence que le gouvernement veut qu’on emploie dans les temples destinés au culte », et celle de Malpel en 1807, en évoquant sa chapelle : « les vandales de cette ville en détruisirent tous les ornements et firent dévorer par les flammes des chefs d’œuvre de sculptures qu’elle renfermait, ma chapelle subit le même sort, où on éleva une rampe en fer qui la fermait, on déchira le tableau de l’autel, on brisa les lambris qui étaient dans le pourtour ».
Après la Révolution : projets de travaux
Un état et devis estimatif des réparations à faire à l’église paroissiale de Villemur est dressé en exécution de l’arrêté du préfet du département du 12 germinal an XI [2 avril 1803] :
« rétablir le clocher dans le premier état, il sera fait un pignon du côté du citoyen Gay, de hauteur convenable, on fera une ouverture dans le milieu de la flèche au bout de laquelle on placera une croix en fer et la flèche aura 9 pieds de hauteur (il faut 1200 briques, 3 barriques de chaux, sable…), le tout 200 fr. Plus pour réparer la galerie du clocher, 60 fr. Pour réparer le couvert il faut 1000 tuiles canal et 3 cannes de plancher de peuplier pour réparer le bord du toit. Plus réparer les deux portes d’entrée (2 cannes de toile cirée). Réparer le toit de l’église au rez-de-chaussée à une toise hauteur. Plus réparer les fonts baptismaux – il faut refaire le plancher en entier à cause de la trop grande humidité de la sacristie, il faut nécessairement qu’elle soit plancheyée »
Si par « rétablir le clocher dans le premier état », il convient de comprendre, le clocher antérieurement existant, il semble alors que nous soyons en présence d’un clocher-mur. La hauteur de la flèche de 9 pieds, correspond à 3 m, paraît bien modeste mais plausible.
En juillet 1805, le sanctuaire est réparé.
Début 1806, le baptistère est jugé dans un état de délabrement qui demande des réparations les plus urgentes au plafond, tandis que le sanctuaire est « sans carrellement et dans un état pitoyable, l’ancien carrellemnt doit être promptement remplacé ». Des travaux importants de restauration sont faits au sanctuaire en 1806, réalisés notamment par Jean Burgan, plâtrier. On y remplace aussi la balustrade de bois du sanctuaire par une en fer, réalisée par les serruriers locaux Bernard Malbert, Pierre Chaubard et le forgeron Pierre Lacroux.
L’achat de stalles
Les six magnifiques stalles, en noyer, que nous voyons – trois de chaque côté - proviennent de la basilique Saint-Sernin de Toulouse. La fabrique de Saint Sernin vend, en effet, en juin 1808, 10 stalles du chœur – stalles fabriquées vers 1670 - à l’église de Villemur. Il ne reste que les six que nous voyons. Des dossiers ont servi à faire des confessionnaux pour l’église, d’autres ont été rachetés par des particuliers ainsi que des jouées décorées. On ne manquera pas de prêter attention aux sculptures des parcloses séparant chaque stalle, et aux miséricordes. Ces dernières sont sculptées ; du côté midi, un putto représentant un corps nu étendu, tenant une couronne et deux autres présentant des visages d’enfant à tête feuillue ; côté nord, deux miséricordes présentant aussi un visage d’homme mûr à tête feuillu, et la dernière miséricorde, portant un motif végétal. Ces stalles ont été réalisées, après l’incendie du 13 décembre 1668 qui détruisit les stalles du XVe siècle de la basilique Saint-Sernin, par les maîtres Pierre Bureau, Pierre Palis et Jean Dubois, sur le modèle de celles de la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse crées par Pierre Monge. Un certain nombre de sculptures des parcloses et des miséricordes ont été réalisées par Pierre Albes et Pierre Artus Legoust. Ces stalles sont été inscrites au titre des Monuments Historiques le 31 juillet 2008.
Les mêmes travaux sont réclamés en 1807 pour les fonts baptismaux : la toiture a besoin de grosses réparations, le plafond d’être refait, s’étant écroulé depuis de nombreuses années ; ils sont par ailleurs très humides. « La toiture de la chapelle Saint-Aubin menace ruine et chute prochaine. La toiture de l’église sur une étendue de trois cannes [5,50 m] à partir du clocher est en très mauvais état, la majeure partie de la tuile canal est brisée, ce qui occasionne le dépérissement de la charpente ». Ces derniers travaux énoncés sont les premiers mis en chantier.
En décembre 1819, l’état estimatif des travaux de la flèche du clocher comprend une dépense de 1.082 fr. Travaux qui sont réalisés l’année suivante.
En 1820, a lieu l’achat d’un autel en marbre pour 700 fr., commandé à Nelly Père et fils.
Des travaux sont à faire de manière continue. En 1822, c‘est le mauvais état de la voûte. Une délibération, en date du 10 janvier 1822 émanant du bureau du Conseil de fabrique, nous apprend que « le plafond de l’église est construit en voûte de planches, clouées par dessus à des poutres traversières et à des pièces d’appui nécessaires pour former la voûte ». Or les grosses pièces de bois sont vermoulues, les planches aussi. La crainte de quelque accident conduit à qualifier l’urgence des travaux.
En 1824, des lieux privés pour l’usage de la sacristie ou latrines sont construits.
La naissance d’un projet : reconstruire l’église
Dès 1820, on considère que l’église n’est pas assez grande pour la population et qu’elle a besoin de grandes réparations.
On va réclamer un nouvel édifice : l’église est trop petite, trop basse, manquant d’air. Elle est insalubre, humide, le linge y moisit. Trois ans après son arrivée, en 1836, le curé Fieuzet envisage de faire reconstruire l’église à l’emplacement du château des vicomtes, (site de l’actuel Grenier du Roy). Les plans sont établis au printemps 1837 et transmis au maire. Le curé s’offre de contribuer pour une somme de 10.000 fr. Pourtant l’année suivante, on construit une sacristie sur un terrain situé derrière la chapelle de la Trinité, côté Tarn.
L’enquête de 1848 exprimera les insatisfactions et les attentes.
En effet, cette année-là, le diocèse de Toulouse lance une enquête pour connaître l’état des églises et des presbytères. Au sujet de l’église, il est demandé :
- Est-elle en bon état d’entretien ? est-elle d’intérêt ?
Il lui faut tout ce qu’elle a. Elle n’offre aucun espèce d’intérêt. Elle n’est rien moins que solide.
- Est-elle suffisante pour la population ?
Elle est petite d’un gros tiers. Elle est si basse qu’on y étouffe en été.
- Ce qu’il y a à y faire ?
Sa reconstruction est indispensable. L’urgence en est reconnue par tout le monde.
- Evaluation approximative des dépenses nécessaires
D’après un avant-projet de reconstruction fait par M. Rivet, ingénieur, il y a 8 ou 10 ans. 50.000 francs seraient nécessaires.
- Ressources présumées de la part de la fabrique ou commune ?
La fabrique ne peut rien faire. La commune avait promis de s’imposer il y a 8 ou 10 ans pour une somme de 10.000 francs. M. le curé pour pareille somme.
- Déficit ? 30.000 francs
Les réponses sont données par Jean-François Fieuzet, curé de Villemur depuis 1833. Homme d’entreprise, énergique et persévérant, il réalisera la reconstruction de son église.
Un chemin de croix, don de Mme Emmanuel de Vacquié [Georgina de Saget], de « 14 gravures coloriées avec cadre doré », est érigé le dimanche 4 février 1849, dimanche de la Septuagésime, à l’issue des vêpres, par le chanoine François Marie Jules Viguier. L’établissement d’un premier chemin de croix avait été demandé à l’autorité diocésaine début juillet 1824.
description de la dernière église (1613-1857), précédant la reconstruction de 1859
Que sait-on de cette église ?
Elle avait pour mesures, dans œuvre : 40,36 m de longueur, 10,33 m de largeur et 9,45 m de hauteur, du carrellement au plafond. Un devis de l’architecte Junière, en décembre 1822, nous la décrit :
« la partie du choeur est construite en pan coupé ou demi-hexagone. Toute cette partie a été réparée à neuf depuis peu de temps, et tout y est en bon état. La chœur est séparé de la nef par une balustrade en fer.
Au fond de l’église il y a une tribune sur la grande porte d’entrée. Cette tribune est portée dans le milieu par 2 colonnes en bois, d’ordre toscan au piédestal et entablement et dans les bouts par les pièces horizontales qui reposent sur les colonnes et qui entrent dans les murs latéraux. On monte à cette tribune par deux escaliers en bois, l’un à droite, l’autre à gauche.
L’entier plafond de l’église depuis le chœur jusqu’au clocher est en planches de sapin clouées par dessous aux entrants des fermes et a des lambourdes placés exprès pour le soutenir. Ce plafond est en forme de voûte en arc très surbaissé ou en demi ellipse fort excentrique, et peint en couleur gris de perle ».
Il y avait deux sacristies, selon la mention portée lors de la visite pastorale de 1831. Une petite porte sur le côté de l’église.
Des relevés successifs présentent une description l’église Saint-Michel: le premier, un inventaire des effets servant au culte du 23 messidor an X [12 juillet 1802]. Elle est ici comparée avec un inventaire du 6 octobre 1830.
Le sanctuaire avait pour hauteur 16 pieds 8 pouces [5 m], et pour largeur 33 pieds [10 m].
Il avait trois pans, le pan central, faisant 12 pieds, 6 pouces [3,80 m], les deux autres 13 pieds 6 pouces [4,10 m]. La hauteur de la nef devait être de 9 m.
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Eglise Saint-Michel
Inventaires 1802/1830 |
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Le grand autel
(maître-autel)
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En 1802 : deux anges adorateurs en bois doré sont placés aux deux côtés de l’autel. Il y a un grand Christ en toile avec son cadre doré, également quatre colonnes en bois doré, deux grandes statues en bois doré représentant saint Augustin et l’autre sainte Monique […]. En mai 1807, l’autorisation est donnée de les vendre.
Un grand tableau représente la Cène, un autre grand tableau l’Ascension,appartenant au citoyen Mauran.
Il y a quatre petits tableaux en papier et deux tapisseries en laine, une de chaque côté du chœur.
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En 1830 : Nous avons le grand autel avec son tabernacle en marbre, acheté en 1820. Sont mentionnés : six grands chandeliers avec leur flamberge en laiton, achetés en 1806 leurs garnitures et le support en fer, quatre chandeliers plus petits en bois doré et leur flamberges avec une grande croix en laiton doré et aussi deux adorateurs en bois doré. Deux petits chandeliers en cuivre servent pour la messe
Il y a trois grands tableaux de la même dimension. Un tableau représente la Sainte-Vierge sur la porte de la sacristie, deux rangs de stalles avec deux petits bancs. Il y a aussi une petite armoire ouvrant à deux ventaux.
Les stalles ont été achetées à la fabrique de l’église Saint-Sernin en 1808 pour 240 fr
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la nef de l’église |
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En 1802 : on trouve un banc pour les marguilliers à sept places dont le haut du dossier est feuilleté en or, au-devant duquel il y a un buffet au service de l’œuvre, une chaire en bois, partie en marbre, partie dorée, un grand Christ en bois doré en vis-à-vis la chaire, trois eau-bénitiers en marbre noir dont un sur un piédestal et les deux autres fichés au mur, deux bancs tricolores, dont l’un sert pour les autorités constituées, un tronc bleu pour les âmes du purgatoire, dix bans à l’usage des enfants du catéchisme. Il y a aussi six tableaux.
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En 1830 : se trouve mentionné le banc des fabriciens, ainsi que deux chandeliers en bois doré et leurs flamberges, une petite croix et son Christ en bois doré, une statue de saint Michel en bois doré, une petite croix en bois servant journellement. Il y a aussi le banc du maire, le banc du purgatoire avec deux chandeliers en bois doré, une croix dorée et son Christ et un tapis bleu ; le banc de la justice de paix ; le lutrin composé d’un ensemble en bois avec marchepied ; trois bancs ; une petite armoire à un seul ouvrant sur lequel repose le pupitre ; trois livres de chant, une lampe encadrée servant journellement.
Deux lustres suspendus à la voûte, la grande chaire ; quatorze petits tableaux pour le chemin de la croix. On relève deux troncs fixés au mur, un tronc pour les pauvres, douze bras de fer pour chandeliers, une croix avec son Christ, fixée au mur, une bannière processionnale, quinze bancs servant pour le catéchisme ; deux eau-bénitiers fixés au mur, un cénotaphe pour le drap mortuaire. |
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les chapelles
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En 1802 et en 1808, les marguilliers, dans une note, en dénombrent sept.
En 1802 sont énumérées : Saint-Joseph, Notre-Dame, Sainte-Catherine, fonts baptismaux, Saint-Aubin, Saint-Esprit, l’Annonciation
En 1804 : Sacré-Cœur [ou précédemment Saint-Louis], Saint-Joseph, Notre-Dame, Sainte-Catherine, Saint-Aubin |
En 1830 : Trinité, Sacré-Cœur, Saint-Aubin, Sainte-Catherine, Notre-Dame, Saint-Joseph, les fonts baptismaux,
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A lire du sanctuaire jusqu’aux fonts baptismaux, côté nord-est (nord), puis, côté du fond de l’église au sanctuaire sud-ouest (midi)
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1° chapelle Saint-Joseph :
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En 1802 : un autel en brique sur lequel il y a un piédestal en bois doré servant de reposoir, un tableau représentant saint Joseph, quatre vieux chandeliers en bois, entre les deux croisées est un tableau représentant le Christ.
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En 1830 : on relève un autel en brique doré avec son gradin et le tabernacle, le reposoir, la croix et le Christ, le tout en bois doré. Il y a aussi six grands chandeliers en bois doré, leur flamberge et leur support. deux petits chandeliers en bois doré, un tableau peint à l’huile représentant saint Joseph, et six chandeliers, un confessionnal ; une armoire sous l’escalier de la chaire, un tabernacle en bois, un banc fiché au tour de la chapelle.
Dans cette chapelle, le curé a son confessionnal. Ainsi Rouère, en 1774. Cette chapelle est fermée par une balustrade de bois |
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- la chaire : l’escalier conduisant à la chaire se trouve dans la chapelle Saint-Joseph.
Une porte latérale donnant accès à l’église existait prés de la chaire. |
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2° chapelle Notre-Dame
Cette dénomination est attestée en 1669
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En 1802 : un autel en brique, avec son tabernacle en bois doré, un tableau représentant la Vierge, deux Vierges en bois doré, deux bancs pour les marguilliers, une petite armoire, un tronc, deux chandeliers argentés. Sis chandeliers en bois argentés. Deux tableaux en cadre doré.
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En 1830 : un autel en marbre avec son tabernacle et son gradin aussi en marbre ; deux girandoles en bois doré, huit grands chandeliers en bois doré avec six flamberges et leur support en fer, une statue en terre cuite dorée représentant la Sainte-Vierge, une lampe, un confessionnal ; une balustrade en fer, six pour chandeliers, deux petites crédences en bois doré fichés au mur.
On dénombre : un vieux tapis pour le marchepied, une croix avec son pied en bois doré, une petite statue de la Sainte-Vierge. cette chapelle a aussi deux reliques.
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3° chapelle Sainte-Catherine
sur l’aile gauche de l’église.- chapelle des gens de mer (sic) ou gens de la marine.
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En 1802 : Un autel en brique, sans aucun ornement, un petit navire, un œuf d’autruche, et deux bancs.
Dans cette chapelle, jadis se trouvaient les fonts baptismaux qui ont été déplacés en 1778. On y établira à la place la confrérie Sainte-Catherine des gens de mer.
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En 1830 : une autel en bois doré avec le tabernacle et marbré, le reposoir en bois et deux croix dorées avec leur Christ, six grands chandeliers avec leurs flamberges et leur support en fer, une statue sur pied de sainte Catherine, en bois peint avec tous les attributs ; deux petites crédences en bois dorés, fichées au mur ; une garniture de bancs fichés au mur faisant le tour de la chapelle.
Deux bancs pour les marguilliers : deux petites armoires à un seul ouvrant et à clefs pareilles ; une balustrade en bois ; deux girandoles, deux petits chandeliers, le tout en bois doré, deux lampes à réverbère. Un vaisseau avec les agrès et cordages suspendus à la voûte. Un oeuf d’autruche suspendu à la voûte.
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4° - fonts baptismaux,
placés à l’aile gauche de l’église :
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En 1802 : une cuvette de cuivre.
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En 1830 : une piscine en marbre sur son pied bâtie, un grand tableau, une petite armoire, une cuvette en cuivre, quatre colonnes en bois, deux petits bancs.
Les fonts baptismaux sont régulièrement estimés malsains à raison de leur humidité.
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5° chapelle Saint-Aubin |
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En 1802 : un autel en brique avec son tabernacle en bois peint en bleu, sorti de la chapelle Notre-Dame, quatre vieux chandeliers en bois, une lampe cuivre, un vieux tableau représentant saint Aubin, orné de deux colonnes et frontispice en bois doré. |
En 1831, lors de la visite pastorale, cette chapelle n‘était pas jugée en bon état.
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6° chapelle de l’Annonciation :
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En 1802 : un autel de bois peint en marbre ; 6 chandeliers en bois doré. Un tableau représentant l’annonciation. Dans ladite chapelle, entre lesdites croisée, il y a un tableau représentant la Vierge. Se trouve aussi un confessionnal. |
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7° chapelle du Saint-Esprit.
Cette dénomination est attestée en 1696.
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En 1802 : Cette chapelle se trouve la plus proche du sanctuaire, côté midi.
Un autel en bois doré avec son tabernacle et retable en bois doré ayant appartenu à l’église des ci-devant capucins, deux colonnes en bois dorés, un tableau encadré représentant la Sainte-Famille, deux bancs, huit petits tableaux. Dans la même chapelle un grand tableau représentant la sainte Trinité. |
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Une tribune.
Une grande tribune fut construite vers les années 1778.
En 1802 : au dessus de la porte d’entrée. Sur celle-ci un tambour servant à recevoir le poids de l’horloge. En 1807, les marguilliers mentionnent celle-ci pour dire que cette grande tribune fut faite environ trente ans plus tôt.
En 1830 : une piscine en marbre sur son pied bâtie ; un grand tableau, une petite armoire, une cuvette en cuivre, quatre colonnes en bois ; deux petits bancs.
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Le clocher comporte une galerie et une horloge. Il comprend une flèche, en effet, en décembre 1819, il est question de « reconstruire la flèche du clocher ».
Les chaises dans l’église de Villemur n’apparaîtssent qu’en 1805. Il n’en existait pas jusque là. En janvier 1805, il en est acheté 150. Une de raisons de l’achat réside dans le revenu qu’elles procurent à la Fabrique, conformément au règlement diocésain. Mais en 1826 la Fabrique se plaint de ce que « beaucoup de personnes introduisent de petits bancs et autres sièges dans l’église pendant les offices et qu’elles ne payent rien, ce qui est abusif et désavantageux ».
En 1827, le curé Bergerot, parmi les chapelles que comprend l’église, mentionne la chapelle Notre-Dame du Rosaire, une des plus pauvres, la seule, excepté celle de Saint-Eutrope, à n’avoir pas de fenêtre, ce qui la rend très obscure et malsaine.
En 1830, sont mentionnées
- une chapelle de la Trinité : un autel avec son tabernacle doré, sa croix avec son Christ, le tout doré. Six grands chandeliers dorés avec leurs flamberges, un grand tableau peint à l’huile ; les gravures encadrées, un confessionnal ;
- une chapelle Saint Louis, chapelle située aux ailes de l’ église paroissiale de l’église paroissiale de Villemur, ayant sa voûte à part. Son troisième mur appartient à la chapelle du Saint-Esprit.
Cette chapelle est mentionnée en 1807. Elle est connue comme chapelle Malpel.
« Par acte reçu Belluc le 12 mars 1772, M. Rouère curé, Serin et Blanquios ; Jean Lormières forgeron, Jean Bosc tailleur et Jacques Maux brassier, se qualifiant marguilliers de l’œuvre du Saint-Sacrement de l’église de Villemur firent titre à M. Malpel de la chapelle appelée Saint-Louis pour en jouir à titre de patron à la charge par celui-ci de réparer ladite chapelle, de l’entretenir à perpétuité et de donner une fois seulement pour la décoration du maître-autel de ladite église une garniture de cierges ou une somme de 48 louis », somme qu’il ne semble pas avoir remis. L’acte porte encore que les réparations et constructions de ladite chapelle, à la charge de Malpel sont d’une valeur de 200 fr.
Elle fera l’objet d’un litige. En en 1807. Malpel demandait à être rétabli comme patron laïc de la chapelle.
Précédemment, cette chapelle Saint-louis comprenait aussi la tribune destinée au président Ménoire, dernier vicomte de Villemur, allant « de l’emplacement qui existe à gauche depuis le sanctuaire jusqu’au banc de l’œuvre du T.S. Sacrement » Pendant la Révolution elle subit des dégradations, tableau de l’autel déchiré, balustrade enlevé, lambris brisé. carrellement abîmé.
La chapelle Saint-Louis « après qu’elle fut réparée [en 1804], fut d’abord occupée par le peuple, ensuite le prêtre desservant, autre que le curé, y établit un confessionnal ». Cette chapelle sera dédiée, par la suite, au Sacré-Cœur. En effet, avant septembre 1807, la confrérie du Sacré-Cœur est établie dans cette chapelle par le curé, à la demande des habitants. Le curé y place son confessionnal. Malpel en adresse reproche au curé.
- une chapelle du Sacré Cœur - ex chapelle Saint-Louis comprenant un autel en marbre et son tabernacle ; deux petits chandeliers en laiton.
En 1836, on construit une nouvelle sacristie à l’emplacement d’un petit réduit contigu à l’église, derrière la chapelle de la Sainte-Trinité.
4 - Une nouvelle église (1859) – 4ème église
Dates principales :
- la première pierre est posée, le 24 juin 1857,
- la bénédiction de l’église a lieu le 2 juin 1859 en la solennité de l’Ascension par Mgr Mioland, qui décédera subitement le 16 juillet 1859 - présents M. Roger vg, François Fieuzet, curé, Antoine Brusson maire.
- et sa consécration (dédicace), le mardi 3 novembre 1863, par Mgr Desprez,
- le clocher en 1875,
- la rosace en 1877,
- la chaire en 1885.
Un curé entreprenant et entrepreneur
En 1842, le projet de reconstruction refait surface, vu l’état de dégradation du plafond ou du sol, vu aussi l’insuffisance du lieu. Ce projet est suffisamment détaillé déjà et bénéficie de l’accord enthousiaste de la commission municipale. N’étant pas agréé par l’administration, le projet est ajourné, indéfiniment, est-il précisé, en août 1843. Ce n’est que partie remise. Le curé Fieuzet est infatigable.
En 1849, le curé Fieuzet travaille déjà, depuis deux ans, à installer une communauté des frères de la Doctrine chrétienne [ou des Ecoles chrétiennes] à Villemur. Ce n’est pas sans difficulté. Cette réalisation implique outre le Curé et le Maire, le Recteur d’Académie, le Préfet et même le Ministre de l’Instruction Publique, M. de Falloux, des politiques influents : M. Gasc, le colonel Espinasse, Limayrac. Le projet voit enfin le jour à la fin de l’année 1849, lors de l’installation de la. Communauté que préside le Prévôt.
En mai 1850, le curé Fieuzet fait part d’un nouveau projet : il fait au Conseil municipal la proposition d’établir un hôpital et une école primaire pour les filles qu’il confiera aux sœurs de la Croix de Saint-André, chose faite, avec l’installation d’une communauté des sœurs de la Croix, préférées aux sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, en 1851.
Le curé Fieuzet sait conduire ses projets. Il est homme sachant mettre en jeu les influences utiles, il jongle avec les montages financiers permettant la réalisation de ces projets. Il est homme « volontaire » et déterminé. Il sollicite notamment la dérogation aux formes administratives - c’est-à-dire l’absence d’appel d’offres - et le financement par souscription, sans appel à la caisse municipale, ce qui confère à l’entreprise un caractère un peu exceptionnel auquel le préfet donne son accord.
La décision de reconstruire
Le plan est présenté le 10 août 1856, ainsi que le devis. Le conseil municipal approuve l’un et l’autre. Le curé Fieuzet dit avoir recueilli 11.691 fr de dons et de souscriptions volontaires et verse lui-même, de ses deniers, 20.000 fr.
Entre temps, le curé s’assure du financement. Le devis initial estimait la dépense à 38.000 fr. Il lance une souscription, cette même année 1856 ; celle-ci réunit 30.000 fr. et il donnera, sur ses propres ressources, 20.000 fr. La première pierre est posée le 24 juin 1858
Le 1er janvier 1857, le maire adresse au préfet le dossier relatif à la reconstruction de l’église.
La reconstruction
L’église Saint-Michel est démolie totalement et reconstruite sur l’assise de l’ancienne, en 67 semaines, sur le plan de l’architecte Jacques-Jean Esquié, à qui on doit de nombreuses réalisations, dans le diocèse et le département et dont le père était originaire de Villemur.
Le 10 janvier 1858, le curé Fieuzet écrit au Préfet son espoir « Dieu aidant et avec la continuation de votre appui » de pouvoir couvrir au printemps suivant l’église et de pouvoir y célébrer l’office.
Le 17 février 1858 le Préfet arrête un secours de 1.000 fr sur les fonds départementaux
Près d’un après, le 4 février 1859 le Maire rappelle au Préfet le secours alloué de 1.000 fr. selon l’arrêté du 28 janvier dernier sur les fonds départementaux de 1859 pour la reconstruction de l’église. En 1859, rien n’est fait, faute de fonds.
C’est en 1860 qu’une quinzaine de maisons sont achetées par la commune et ensuite démolies pour l’agrandissement de la place.
Le 7 novembre 1860, on a commencé la voûte, elle est terminée le 30 juin 1861. On a placé plus tard les grand vitraux qui ont coûté 4.000 fr.
Une nouvelle demande de subvention, en juin1861, est dans un premier temps rejetée, puis accordée par le ministre de l’Instruction publique et des cultes en juillet, à savoir, 5.000 fr. Le
Ministère de l’Instruction publique et des cultes, le 5 mars 1862 annonce au Préfet un secours supplémentaire de 4.000 fr., divisé en 2 annuités de 2.000 chacune.
Le 20 avril 1864, le maire écrit au préfet : « ces nouveaux travaux ont été faits en vue de l’achèvement tant désiré : carrellement, clôture des fenêtres, appui de communion ont été placés, et l’on peut considérer l’intérieur de l’église comme entièrement terminé ».
Le sanctuaire et l’autel
Deux éléments concernent le sanctuaire : le maître-autel et les peintures de l’abside.
L’autel réalisé par le marbrier Sicardou est achevé pour la consécration de l’église en 1863. Il est soutenu par quatre courtes colonnes. Il a coûté plus de 2.300 fr. L’autel mesurait 5,20 m de large et 6,50 de hauteur, ciborium compris qui, seul, mesurait 3,75 m de hauteur.
Celui de Villemur, dessiné aussi par Esquié, est assez semblable à celui de Braqueville, l’un et l’autre dessinés entre 1862-1863. Les autels d’Esquié soulignent son goût pour la polychromie. Ils adoptent la forme la plus ancienne, avec des colonnettes supportant la table, conception s’accordant aux vues de Viollet-le-Duc.
« Le projet laissait un certain choix au commanditaire pour la décoration sculptée. Les panneaux situés de part et d’autre du tabernacle furent ornés d’arabesques, conformément au motif figuré dans la partie droite du projet. Ceux placés sous la table ne furent pas sculptés mais exécutés en plaques d’onix lisses. Quatre courtes colonnes à motifs divers, munies de bases octogonales et de chapiteaux, soutenaient directement la table. Le tabernacle était placé entre des gradins, destinés à recevoir les chandeliers et dominé par le ciborium ».
L’abside, la peinture de Bénezet
Une peinture murale de l’abside est réalisée en 1863 par un peintre toulousain célèbre, : Bernard Bénézet, auteur de de très nombreuses peintures murales d’églises, telles celle des églises toulousaines de Notre-Dame-du-Taur et de Saint-Nicolas sur les murs latéraux. On avance que Bénézet, débiteur d’un notaire de Villemur, négocie sa dette par le contrat passé avec le Conseil de fabrique, le 28 mai 1862. Il s’engage à réaliser les peintures à la cire. En avril 1863, le travail est terminé. Le devis initial de 4.400 fr. dépasse de 800 fr. en raison de l’ajout d’un tableau. Cette œuvre sera ultérieurement présentée dans la partie descriptive.
C’est la peinture murale de l'abside qui retient l'attention à tous égards. Il en était déjà ainsi en entrant. Plus encore lorsqu’on est au pied du sanctuaire. C’est la grande œuvre de ce lieu. Réalisation du peintre toulousain Bernard Bénezet, c’est une peinture monumentale qui remplit toute le sanctuaire, avec deux thèmes superposés sur 100 m² environ. Une bande verticale de chaque côté délimite le tableau. Cette bordure est sur fond bleu, un dessin géométrique en forme de croix se trouve répété, sur toute la hauteur.
L’ensemble fait apparaître une dominante de couleur rouge. Les peintures sont faites à la cire.
On devrait commencer la lecture par le cul-de-four, avec le ciel, le combat céleste et la création. Pourtant, nous proposons un autre sens de lecture, relative à la hauteur du mur et du cul-de-four et de la manière spontanée de considérer l’œuvre, d’autant plus que le regard va, en premier, vers sur ce qui est le plus lumineux, à savoir la prédication de Jésus et l’accueil des Béatitudes. Par ailleurs on est spontanément conduit à regarder de bas en haut.
Cette œuvre du peintre est la première œuvre au retour au pays. Pourquoi ? Du fait de deux circonstances. D’abord, le nouveau curé de Villemur, depuis 1860, Jean Robert, soutenu par le P. Vert et M. Gasc, conseiller d’État, veut décorer l’église de peintures murales. Par ailleurs Bénezet étudiant à Paris a contracté une série de dettes envers Ratier de Villemur, dettes qui s’élèvent à 4.190 fr et qu’il rembourse au fur et à mesure. Elles sont, en fait, à l’origine du premier chantier important qui est commandé à Bénezet.
Cette œuvre est commandée, le 28 mai 1862, par un contrat passé entre M. Vieusse, trésorier de la fabrique et M. Bernard Bénezet, pour une somme de 4.400 fr. Ces peintures sont faites sous le contrôle de l’architecte diocésain Esquié. En réalité, l’œuvre coûtera 800 fr de plus, du fait des deux nouveaux tableaux représentant la chute du paganisme et l’établissement du Christianisme, soit 5.200 fr. Le travail durera un an. La fabrique en sera satisfaite.
Un critique présente ainsi cette première œuvre :
« il s’agissait de couvrir de peintures plusieurs centaines de mètres carrés. Bernard Bénezet n’en fut pas effrayé, et il les remplit de six grandes compositions, les unes pleines d’animation et de fougue, les autres touchantes d’onction et de recueillement. Ce qui frappe, au premier abord, c’est la multitude des personnages mis en scène et la vigueur des coloris. On est ébloui, surpris, déconcerté même par cette profusion de choses et d’idées qui s’offrent au regard. Mais la pensée maîtresse qui sert de lien à ces six grandes compositions distinctes ne tarde pas à se faire comprendre. C’est d’abord le combat des bons anges contre les rebelles ; ensuite le sermon sur la montagne, et ce qui en est le complément, les huit béatitudes, enfin la chute du paganisme et, pour pendant, l’établissement du christianisme. Il y a là comme un reflet des grands poèmes de Milton et de Klopstock, comme une inspiration des grandes compositions de Michel-Ange jointes à celles de Raphaël. Pour son coup d’essai, Bernard Bénezet avait fait une œuvre de maître ».
Premier registre : sur toute la largeur le tableau représente le sermon sur la montagne. Jésus, au centre légèrement au-dessus de ceux à qui ils s’adressent, vêtu d’une tunique rouge et d’un manteau bleu roulé sur ses épaules, est montré enseignant, sa main tendue vers la foule, dans cette adresse évangélique : « Heureux vous …». Le peintre a créé - par l’ouverture d’une voûte qui laisse entrevoir un ciel bleu -, une profondeur en situant Jésus en arrière des premiers auditeurs. Par ailleurs, les auditeurs ont chacun des vêtements de couleurs différentes. Leur attitude est variée, depuis l’écoute attentive jusqu’aux bavardages, le dos tourné : « le peintre joue des contrastes des vêtements, des attitudes, des sentiments, mais aussi des types : les pharisiens, les publicains, les Samaritains, les Romains, les païens, les uns et les autres présentant une variété de sentiments à l’écoute de la Parole du Christ ». On dit que deux fabriciens, le curé et les deux vicaires, furent représentés parmi les auditeurs du sermon. Des paroissiens ont servi de modèle. Bénezet s’est représenté dans le Sermon sur la montagne, en s’autoportraiturant de trois quart droit, un capuchon sur la tête.
Le ciborium risquait de masquer la figure centrale du Christ. Ceci est d’ailleurs la cause d’une relation tendue entre l’artiste et le curé Robert.
Au registre supérieur, au-dessus du Christ, un ange domine, sur une escalier, portant deux couronnes destinées aux élus. Les personnages immédiats vont, deux par deux, et se dirigent vers le ciel. Chacun de ces groupes représente une Béatitude. Des phylactères inscrivent les huit Béatitudes de l’évangéliste Matthieu : beati pauperes, beati pacifici…[Mtth 5, 1-12]. Aux extrémités, deux tableaux : à droite, la chute du paganisme qui voit les païens tomber avec leur temple et César terrassé par un ange. Le monde païen est représenté par le pouvoir divin de César, le philosophe avec son papyrus, le prêtre des religions païennes.
A gauche : l’établissement du christianisme, saint Pierre signifiant, par sa mission reçue, la pérennité de l’Eglise qui a les paroles de la vie éternelle et saint Paul présentant l’Evangile, bonne nouvelle du salut. Au second plan, les papes, assis en demi-cercle, manifestant la mission de l’Eglise continuée.
Sur la partie tournante de la voûte absidiale, au-dessous de la corniche, est représenté le combat de feu entre les bons et les mauvais anges. Michel terrasse Lucifer et ses anges. Cette peinture, quelque peu tourmentée, exprime le bouleversement que ce combat suscite.
Au centre, la création de l’homme. Elle vient, dans la pensée du peintre, signifier que l’homme se substitue, en quelque sorte, aux créatures déchues. Les anges, près de Dieu, sont les témoins étonnés de cette création. Ils se penchent vers Adam. Celui-ci radieux regarde avec amour son créateur. Au second plan, les animaux, soumis à l’empire de l’homme. L’artiste a mis tout son art à faire apparaître, la création dans son surgissement, dans un jeu d’ombre et de lumière naissante, selon ce que le regard est conduit à considérer. Il y a dans toute l’oeuvre, mais plus particulièrement ici, un mouvement intense, une tension forte.
Cette œuvre se présente comme un triptyque vertical qu’il faut considérer d’un même regard : il s’agit de l’Eglise dans son pèlerinage terrestre, confrontée aux forces du mal, par son accueil de l’Evangile. Elle reproduit, par là, le combat ‘’originaire’’ des anges, et avec Michel, elle est assurée de la victoire.
CT
La critique saluera avec enthousiasme le travail de l’artiste. Elle souligne la réussite de l’œuvre malgré quelques inévitables défauts. L’artiste a eu de la chance de bénéficier d’une telle surface. « Cette œuvre, écrit Christian Mange, inaugure dans la région toulousaine une période de renouveau pour la peinture murale correspondant aux efforts de la société catholique qui s’affirme à partir de 1860 ». Cette réalisation permet à l’artiste de prendre date.
Ces peintures ont été restaurées en 1981-1984 par M. Régis Vialaret.
La nef
La chaire :
La réalisation de la chaire projetée dés 1870, est entreprise, à la suite d’un legs de 2.200 fr., en 1883 seulement. La demande du curé est du 1er avril 1883 et le dessin d’Esquié, prêt le 7 octobre. En avril 1884, Laporte, le tailleur de pierre, avait bien avancé son travail, mais Maurette, le sculpteur était en retard et l’architecte Jacques-Jean Esquié étant décédé, son fils Pierre s’occupe dés lors de l’achèvement du meuble qui est mis en place le 10 avril 1885.
« Installée côté nord, devant l’arc désormais fermé, de la chapelle centrale, à la place de laquelle une entrée secondaire, sur rue, fut pratiquée ».
Des mandats et règlements concernent Laporte fils, tailleur de pierre, successeur de G. Denat, le sculpteur Calmettes en octobre 1885 et février 1886, celui-ci ayant réalisé alors des travaux extraordinaires à la chaire. Mais aussi Antoine Gay, qui a assuré les travaux de maçonnerie de construction de la chaire.Mais aussi Brassier comme menuisier, Danizan comme plâtrier Danizan, Laffage comme bourrelier.
La rosace
Fin mars, début avril 1877, le vitrail de saint Michel, créé par Dominique Rigaud, est placé dans la rosace de la façade.
En novembre 1888, des carreaux sont mis à la rosace de la porte latérale de l’église.
Les vitraux
En février 1864, l’église une fois consacrée, la Fabrique s’occupe fermement des vitraux de la nef, source de difficultés entre la Fabrique de Villemur et Gesta, le créateur contacté. La Fabrique avait accepté que soient posés provisoirement des vitraux pour la dédicace le 3 novembre 1863. Deux jours après, Gesta enlève les vitraux initialement posés qui ne correspondaient pas aux modifications ordonnées par l’architecte le 2 mars 1863. Par la suite, il ne veut placer les vitraux demandés qu’à des conditions inadmissibles. La Fabrique n’entend pas acheter des vitraux tout faits, mais des vitraux commandés qu’elle veut trouver en correspondance avec le lieu et ses attentes…La Fabrique demande que les vitraux soient en place le 10 mars 1864. En juillet 1864, le contentieux s’envenime dans un échange de courriers. La Fabrique fait valoir « que sans exiger des chefs d’œuvre [elle] désire qu’il y ait au moins unité dans l’ensemble de l’église ». Un examen des vitraux a eu lieu en présence de Gesta, venu à Villemur. La Fabrique somme Gesta de s’exécuter ou d’enlever les vitraux refusés. L’affaire trouve son règlement le 17 juillet 1865.
Des carreaux de verre blanc sont posés à la rosace de la porte latérale par Delbosc, maçon verrier, en 1888.
Le clocher
Le clocher est demandé à grand cri par les habitants de Villemur, dés 1865. Le conseil municipal crée à cet effet une commission. Un membre alors ose dire, que, faute de ressources, le projet ne verra pas le jour si tôt. Le devis date du 1er mars 1859
Le clocher sera construit par la suite et par étapes, par manque de fonds, malgré les dons faits.
Les travaux sont entrepris en avril 1864, en cours, en juillet réalisés par Jean-Baptiste Miramont, maçon entrepreneur, Arnaud Brusson étant chargé par la Fabrique de la surveillance des travaux. Au début de l'année 1875, le président de la Fabrique se demande « si le clocher doit être terminé dans le courant de l'année qui commence, il ne serait pas opportun de préparer une quatrième cloche pour être ajoutée aux trois cloches qui existent déjà, afin que clocher et carillon soient renouvelés en même temps ».
La croix qui surmonte la flèche du clocher a été placée le 14 août 1875.
Le garde-corps, en pierre de taille, est sculpté par M. Martres pour un coût de 2.592 fr. Cette balustrade est démolie dans les années 1960.
Patrimoine campanaire
L’inventaire de 1830, nous l’avons vu, mentionnait trois cloches « une grande cloche, une cloche moyenne, servant pour l’horloge, une petite ».
Une nouvelle « belle cloche » est mentionnée au recollement de l’inventaire 1841-1851. C’est en effet, en mai 1844, que la petite cloche s’étant brisée, le conseil et le bureau de fabrique ont coopéré à l’achat d’une autre cloche.
Fin 1874, le clocher comprend donc trois cloches :
- le « souc » (le billot) ou « Monseigneur » car elle avait été baptisée en 1734 par Mgr Michel Verthamont de Chavignac. Elle comporte cette invocation : « Voce mea – ad dominum clamavi » « à pleine voix, je crie vers le Seigneur ». Elle avait un énorme contrepoids en bois (le souc, signifie le billot). Elle provenait de l'église précédente.
- une autre cloche, plus petite, qui aurait été refondue en 1874 : « Marquise », offerte en 1874 par les fidèles.
- une autre, plus ancienne, portant les invocations : « santa Maria ora pro nobis, sancta Michaël, ora pro nobis » ; elle est datée de 1662. Elle est actuellement conservée dans la chapelle des fonts baptismaux.
Deux cloches nouvelles vont trouver place par la suite :
- la Germaine, la dernière, pesant 1200 kg, mise en service en 1892, offerte par M. et Mme Jean-Marie Brusson. Elle a pour inscription « Voce mea Dominum laudo - imbres fulmina pello - spes tribuo miseris, laetititamque bonis. Parrain :François Catherine Hippolyte Vieusse, marraine : Marie Germaine Apollonie Brusson, née Nicol. Bernard David curé. Anno 1892 » - « Par ma voix, je loue le Seigneur, je secoue les averses et les foudres, je donne l'espoir aux malheureux, et la joie aux bons ».
En février 1860, la municipalité décide de faire l’acquisition d’une horloge qui sera placée au clocher de la nouvelle église.
Ainsi, il n’est pas inexact de dire que quatre églises, dédiées à saint Michel, se sont ainsi succédé au même endroit.
Aménagements et travaux au cours du XXe siècle
Une partie de la toiture s’étant effondrée, des réparations d’urgence ont lieu en 1928. La balustrade du clocher, qui menaçait, est enlevée entre 1950 et 1960.
Seuls des aménagements intérieurs caractérisent le XXe siècle.
-En premier lieu, en 1950, la restauration de la rosace Saint-Michel et l’achat de bancs et de chaises, en 1952, la peinture de la voûte et des piliers et la création du monument aux morts.
-En 1960, a lieu l’achat des orgues.
-En 1962, il est procédé à l’électrification des cloches (Maison Baudet) et en 1967, a lieu la réfection des fonts baptismaux.
- L’autel majeur connaît plusieurs modifications, dans un premier temps, en 1950, lorsque le ciborium est enlevé. Par la suite, vers 1965, les anges adorateurs sur les côtés de l’autel sont supprimés.
-En 1987, M. l’abbé Charles Martinez réalise la création de la chapelle de l’Annonciation à l’emplacement d’une ancienne sacristie, comme chapelle de semaine,
-En 1995, il est procédé à la restauration des peintures du sanctuaire. En 2007 le Père Philippe Bachet fait restaurer l’orgue par Gérard Bancelles.
La réfection des fonts baptismaux, en 2009 et 2010, est une des dernières interventions contemporaines.
L’orgue[18]
La construction de l'orgue de Villemur est décidée vers la fin des années 1950. Plusieurs curés avaient antérieurement refusé de donner suite aux souhaits de voir l’église de Villemur dotée d’un tel instrument, notamment les demandes instantes de M. Antonin Brusson, passionné d’orgue, s’interessant particulièrement à ceux de Cintegabelle. Mettant à profit un legs important d'une paroissienne, Mme Blanc, et désireux de remplacer l'harmonium alors en usage dans la paroisse, le curé Mayzen, avec le soutien du Conseil paroissial et de l'organiste fait appel à Xavier Darasse, organiste virtuose toulousain et expert en organologie. Le père de ce dernier était originaire de Villemur, ce qui a facilité, sans doute, l'avancement du projet. Par ailleurs, la famille Darasse était liée d'amitié avec le facteur d'orgues Maurice Puget qui vient de terminer la restauration de l'orgue de la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse, au moment de la nomination de Madame Renée Darasse, comme organiste titulaire de cet instrument.Maurice Puget est le petit fils de Théodore Puget le fondateur de la manufacture "Théodore Puget Père et Fils" en 1838 et en même temps le dernier descendant de cette dynastie de facteurs d'orgues. Il a acquis, au conservatoire, une très bonne formation musicale, mais également une réputation du travail bien fait et, de plus, il est un excellent harmoniste. Il est donc très satisfait de la commande qui lui est faite d'un orgue à Villemur, tout en décidant que celui-ci sera le dernier de sa facture. Il propose, en collaboration avec Xavier Darasse, un instrument de type "néo-baroque" d'une vingtaine de jeux dans une conception musicale qu'il aimait, avec de nombreux fonds, une boîte expressive héritée du XIXe siècle et un plein jeux de cinq rangs, conforme à la composition de Dom Bedos. Il utilise les éléments qui lui restent dans son atelier (console, jeux divers, dont une gambe de Cavaillé-Coll !) car les moyens sont alors limités. Malheureusement, malgré son intention de l'harmoniser lui-même, sa disparition en 1960, ne lui permet pas de réaliser son projet jusqu'au bout. C'est son employé, Henry Papay qui termine les travaux et qui installe l'instrument dans un espace laissé vacant dans le clocher au dessus de la grande porte d'entrée. Cet instrument, équilibré et très agréable, avec ses 27 registres à la console, permettant d'aborder une grande partie du répertoire organistique, fait entendre son jeu pour la première fois, le 2 février 1961. Il est inauguré officiellement, le 18 juin 1961, par Xavier Darasse.
Il est révisé en 1972 par M.P. Bellet.
Sous l'impulsion du Père Philippe Bachet, ancien élève de Xavier Darasse, expert en facture d’orgue et desservant de la paroisse et avec le soutien actif de la municipalité, Gérard Bancells, facteur d’orgue à Rabastens, dans le Tarn, et son équipe réalisent, dans leur atelier, à partir de début juillet 2007, une réfection quasi complète de l’instrument.
De plus, deux jeux neufs ont vu le jour : une Flûte harmonique 8 et une Voix céleste pour remplacer une Sesquialtera et une Cymbale, rajoutées en 1978, mais qui ne donnaient pas satisfaction.
Afin de mieux protéger l’instrument, un plafond en bois a été ajouté. Enfin, la façade a retrouvé beaucoup d’élégance par l’adjonction d’une frise qui souligne le haut de la tuyauterie et de deux cabochons en bois surmontés d’une croix au dessus des deux tourelles latérales.
Cet orgue est béni par Mgr Hervé Gaschignard, évêque auxiliaire de Toulouse, le dimanche 17 février 2008. Un concert est donné par l’organiste Stéphane Bois.
Enfin, début 2010, Gérard Bancells refait à neuf la Fourniture et la Cymbale du grand orgue, les Bourdons 8 et 4 de l'Echo, dans leur partie métallique, ainsi que le dessus du Clairon 4 du Grand Orgue.
Le festival "Toulouse les Orgues" 2010 inclut l’orgue de Villemur dans son programme.
L’église est quasi-orientée Est – [150°] sud-est,
Les mesures dans œuvre sont : lalongueur : 49, 70 m, la largeur : 12 , 20 m [18, m, chapelles incluses], la hauteur : 16 m ; du fond de la chapelle 12 m. Le sanctuaire a ^pur mesures 9, 77 m de largeur, 8,70 m de profondeur, 14,25 m de hauteur. La hauteur du clocher est de 62 m [avec la croix].
B - L’ÉGLISE SAINT-JEAN XIIe-XVIe SIÉCLES
Une église mentionnée dès 1124, est dédiée à saint Jean. Elle est donnée par Raymond-Guillaume de Villemur à l’abbaye de Moissac, à son abbé, Jean-Roger, entre 1115 et 1130.
Evariste Andurandy dans son Répertoire général des actes de l’abbaye de Moissac mentionne, en effet, en 1130, une donation faite par Bernard, Raimond et autre Raimond et Guillaume de Villemur à l’abbé et aux religieux de Moissac, de tout droit qu’ils avaient à la chapelle de Villemur.
Lors de la rédaction de la chronique d’Aymeric de Peyrac, abbé de Moissac de 1377 à 1406, cette église est portée comme appartenant à l’Evêque de Montauban.
On situe cette église au quartier Saint-Jean, joignant le cimetière, sur le bord de la rivière, à proximité du Port-bas.
En 1562, le chapitre cathédral de Montauban y est transféré. L’église est démolie pendant les guerres civiles et religieuses. Elle ne sera pas relevée. Elle est déclarée en ruine en 1673. Le service de cette église est transféré à l’église Saint-Michel.
On trouve encore dans les dernières années du XVIIe siècle, dans quelque acte notarié, mention de la paroisse Saint-Jean, le Pas en faisant partie, ce qui permet de penser que cette paroisse occupe alors une bande sur la rive gauche du Tarn.
Cependant dans les actes de catholicité des registres paroissiaux de Villemur au cours du XVIIe siècle (1616-1669) nous n’avons rencontré que très rarement la mention d’une paroisse Saint-Jean de Villemur : aucune personne n’est ordinairement mentionnée provenant d’elle. Seule est mentionnée l’église Saint-Jean, désignée aussi comme chapelle (du cimetière), considérée comme église cémétériale. Telle inhumation peut avoir lieu dans cette église. Le baptême d’Antoinette Pendaries est exceptionnellement célébré là le 26 avril 1626 dans « l’église saint Jean, hors la ville ».
Des exceptions permettent de constater le renvoi explicite à une paroisse reconnue, identifiée ; le 9 mai 1695 Pierre Gailhac épouse Bernade Sabatier tous deux de la paroisse Saint-Jean de Villemur. Il en est de même lors du baptême, dans l’église Saint-Michel, de Bathelemie Danis le 28 février 1696, fille de Jean et de Catherine Bonne, habitants de la paroisse saint Jean de Villemur.
Limites de la paroisse Saint-Jean de Villemur
Alors que l’église Saint-Jean est détruite et non reconstruite à l’issue des guerres civiles et religieuses, une paroisse du même nom est toujours nommée, ainsi dans des actes notariés de 1681,1683,1695 : elle comprend sur la rive droite du Tarn: les moulins et le Pas. N’écrit-on pas, au début du XIXe siècle, que la paroisse de Villemur a cinq familles de l’autre côté de l’eau.
André Dupuy, histoire chronologique de la civilisation occitane, Des origines à 1599, tome 1, 1998, p. 209.
Cf. ADHG, fonds abbé Lestrade, 45 J 88, relevé du registre du notaire toulousain Fosse 3 E 4073 f° 180, copie communiquée par M. Sengès, AVH et source communiquée par Mme Sophie Malavieille. Le Philippe Bachet, chargé de l’ensemble paroissial de Villemur, et ayant accompli un travail de recensement des orgues du Sud-Ouest, commente : « André de la Costure, qui apparaît dans ce texte, n'est pas un facteur connu, on ne trouve pas, en effet, sa trace dans les livres consacrés aux facteurs d'orgue. On connaît un Couture, prêtre et organiste, mais qui n'était pas dans notre région. Il s'agit ici, peut-on penser, d'un facteur ayant réalisé soit une réparation, soit un léger agrandissement de l'orgue avec un jeu de flûtes et probablement un jeu de trompette. Le jeu de flûtes d'après le texte semblerait plutôt un bourdon. Le texte semble confirmer l'existence d'un orgue à Villemur mais ne nous dit pas ce qu'il y avait exactement dans l'église. Au XVIe siècle (1500-1600), les orgues étaient assez peu nombreux et étaient essentiellement construits dans les cathédrales et les abbayes. C'est au cours de ce siècle que l'on invente les registres et donc la possibilité d'avoir plusieurs timbres différents dans un instrument. La question qui se pose est de savoir si le sommier de l'instrument avait la possibilité de recevoir de nouveaux jeux ou bien si c'était plutôt le remplacement de jeux en mauvais état. Cela n'est guère susceptible d'être retiré du texte qui est très succinct. Nous ne pouvons guère tirer de grandes conclusions, sinon la présence probable d'un instrument ».
Quelques repères
concernant l'église Saint-Michel
et Office duTourisme Villemur - CLIC