Louis Ardier sieur de Vineuil
vicomte de Villemur
Secrétaire du roi de 1630 à 1639
et familier de Condé.
mêlé à la Fronde des Princes
chargé de missions diplomatiques
on appelait à la cour M. le marquis de Vineuil,
Des informations familiales sur la famille Ardier parues à Blois font de Louis Ardier sieur de Vineuil le fils de Paul Ardier, secrétaire d’Etat de Louis XIII et de Suzanne Philippeaux.
Il a un frère dénommé aussi Paul
De ce mariage seraient nés en effet 4 garçons et 5 filles :
- Paul Ardier, président de la Cour des Comptes, marié à Louise Olier de la famille du
des prêtres ; M. Olier étant proche de Vincent de Paul)
- Henri, Abbé de Saint-André-lés-Clermont
Toulouse
- Louis Ardier, seigneur de Vineuil. Il est le Vicomte de Villemur.
- Claude Ardier, mariée à Gaspard de Fieubet, trésorier de l’Epargne
- Suzanne Ardier mariée à Jean Diel, seigneur des Hameaux, qui fut paraît-il (sic)
ambassadeur à Venise.
- Isabeau Ardier mariée à Claude Gobelin qui fut aussi ambassadeur
- Marguerite Ardier, épouse de Jacques Legendre, contrôleur général des gabelles
- Jacquette, épouse de M. de Chandrat, seigneur de Saint-Yvoine.
On dit que les commentateurs des mémoires du XVIII° ont presque tous confondu les 2 frères Paul et Louis ; le président Ardier est l’aîné, qui est aussi premier commis du Secrétaire d’Etat des affaires étrangères, c’est-à-dire, conseiller d’Etat. Mais précisément, d’autres attribuaient par erreur cette charge à Louis Ardier. Serait-ce une illustration de ces confusions ?
Vineuil était frère du président Ardier, d'une assez bonne famille de Paris, agréable de visage, assez bien fait de sa personne ; il était savant et honnête homme. Il avait l'esprit plaisant et satirique, quoiqu'il craignît tout ; cela lui avait attiré souvent de méchantes affaires. Il était entreprenant avec les femmes , et cela l'avait toujours fait réussir ; il avait été bien avec madame Anne d'Autriche.
Histoire amoureuse des Gaules, de Roger de Rabutin Bussy, Diedonné Alexandre Paul Boiteau
Il est le Secrétaire et le confident, le collaborateur et l’ ami du moraliste La Rochefoucauld. L’écrit sur les guerres de Paris n’est pas de La Rochefoucauld, mais de Louis Ardier de Vineuil, fidèle de Condé. Les portraits qu’il peint de ses contemporains sont particulièrement satiriques.
Vineuil avait connu La Rochefoucauld à l’Hôtel de Rambouillet. Vineuil est l’auteur reconnu de « Guerre de Paris »
Les Mémoires de La Rochefoucauld ont souvent compris les Mémoires de M. de Vineuil, souvent intitulées « Guerre de Paris », On doit à Vineuil les portraits de Mmes Cornuel et d’Olonne.
Il servit avec dévouement Condé et sa cause.
Vineuil est mêlé à toutes les affaires de la Fronde. Il fut partisan des Princes.
Le cardinal de Retz dans ses œuvres dit que « Vineuil était très-attaché à Condé et se montra dévoué pour lui durant la seconde Fronde »On le montra m^élé à un certain nombre d’ aventures bruyantes telle que la querelle de Jarzé et de Beaufort au jardin Renard. Vineuil fut toujours en grande faveur auprès de Condé.
On dit qu’il aurait entrepris d’écrire la vie de Turenne [cf Mme de Sévigné novembre 1676]. En tout cas rien n’a été imprimé. Ce fut Louis Ardier de Vineuil qui eut la charge de proposer à Mme de Chevreuse le mariage de sa fille avec le prince de Conty.
Vineuil subversif
Il avertit en janvier 1650 Monsieur le Prince des mesures qu’on prenait pour l’arrêter. Le Tellier écrit à Mazarin à son sujet le 12 février 1650 que « Vineuil ne se contente pas de faire toutes les cabales qu’il peut dans Paris, en faveur du parti des princes prisonniers, mais il tient continuellement des discours contre l’honneur de la Reine, et tendant à la sédition, et à passer même à des attentats, pour faire entreprendre à d’autres plus hardis que lui, ce qu’il n’oserait faire. J’en ai parlé à la Reine, qui me charge de vous prier d’en parler à Son Altesse Royale [Gaston duc d’Orléans], pour y faire prendre résolution, soit en arrêtant ledit Vineuil , soit en l’éloignant en quelque lieu où il ne puisse faire du mal ».
Vineuil reçoit l’ordre de se retirer sur ses terres quelques jours après et il sera arrêté
A Loches ou Poitiers fin 1651, chargé de lettres de la part du Prince de Condé ; on le relâche. En 1653, on le reprend à nouveau, porteur de messages, en provenance des Flandres.. En septembre 1654, dans une lettre à l’abbé Fouquet, Mazarin semble parler d’un ordre (expéditions envoyées par le Tellier) pour le faire mettre à la Bastille. En 1665, suite à une ‘’galanterie’’ avec la princesse de Wittenberg, fille du maréchal de Châtillon, il est exilé à Tours par les intrigues de son rival, l’abbé Foucquet. Il fut exilé en 1674 à Saumur en même tempes que l’abbé d’Effiat, le comte d’Olonne et Vassé pour avoir parlé lu Roi avec trop de liberté En 1675, il est donc reclus à Saumur et aux dires de Mme de Sévigné : « bien vieilli, bien toussant et bien crachant et dévot ». Son exil affligeait Mme de Sévigné qui passa le voir à Saumur.
12 février 1650 – Mémoire de Molé
« 12 février 1650. Je viens de recevoir avis de très-hon lieu que Vineuil ne se contente pas de faire toutes les cabales qu'il peut dans Paris, en faveur du parti des princes prisonniers ; mais qu'il tient continuellement des discours contre l'honneur de la Reine et tendant à sédition, et à passer même à des attentats pour faire entreprendre
à d'autres plus hardis que lui ce qu'il n'oserait faire. J'en ai donné part à la Reine, qui me charge de vous prier d'en parler à Son Altesse Royale pour y faire prendre résolution, soit en arrêtant ledit Vineuil, soit en l'éloignant en quelque lieu où il ne puisse faire de mal. Mais Sa Majesté juge l'un ou l'autre absolument nécessaire et sans délai. »
L’ordre sera donné à Vineuil de se retirer à Beauregard. On dit que la reine en sera bien aise de l’apprendre[371], « Sa Majesté estime qu'il ne faut pas hésiter à arrêter Vineuil, pour lui faire dire ce qu'il sait de l'entreprise de Vincennes [373].
En novembre 1653 Mazarin ne veut porter aucun crédit aux accusations portées contre le président Paul Ardier, frère de Louis de Vineuil.
Sources : Appendice aux mémoires de La Rochefoucauld, Mémoires, p.500-501, D-L Gilbert et J. Goudault, 1874-1923 et la correspondance de Mazarin.- Site Gallica
Les diverses périodes de la Fronde
La fronde va de 1648 à 1653
On distingue plusieurs frondes :
- la fronde parlementaire : 1648-1649
- la fronde des Princes : 1651- 1653
- les 2 frondes réunies
- la fronde du Grand Condé : 1651-1652
On le qualifie de « forme de bel esprit, maniéré, tranchant du gentilhomme »
Vineuil, qui toujours avait mené de front la galanterie et la politique
« Esprit fin et satirique, bien fait de sa personne » ; garçon qui a pourtant de l'esprit, et qui est bien fait. Ses amitiés et liaisons semblent avoir retenu l’attention
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vicomte de Villemur
1643-1658
[Page 59- 60 Sevène]
En exécution d'un édit du mois de mars 1639, relatif à l'aliénation, sous la réserve de la faculté de rachat, des domaines du roi, messire Louis Ardier, chevalier, seigneur de Vineuil, se rendit adjudicataire de la vicomté de Villemur le 6 septembre 1643. Le nouveau vicomte et les représentants de la communauté habilités par délibération du conseil général en date du 25 juillet 1644 ratifièrent la transaction du 2 novembre 1606, par acte dressé le 27 par le notaire Bascoul. Il y eut d'abord des hésitations quant à l'exercice de la justice, dont le siège était occupé en 1651 par un juge du vicomte mais fut de nouveau uni à la judicature de Villelongue. Denis de Busquet reparut en 1652 avec sa qualité de lieutenant de cette judicature.
Malgré la démolition du château, le titre de capitaine châtelain avait été concédé par le roi au sieur des Bros de Reyniès. A la mort de ce seigneur, son fils, Etienne de Seguin des Bros de Reyniès, fut investi du même titre par lettres patentes du 19 avril 1650 .
Le chevalier de Vineuil céda la vicomté à Bernard de Fieubet-Caumont, chevalier, conseiller du roi en son conseil et secrétaire des commandements de la reine-mère, par acte du 20 août 1658 de Mes Gaultier et Pallu, notaires an Châtelet de Paris. Le chevalier Bernard s'associa son frère, Gaspard de Fieubet, chevalier, conseiller du roi en ses conseils, premier président du Parlement de Toulouse, au prix de 60,000 livres tournois, moitié du prix payé par Bernard, suivant acte du 31 décembre 1659, notaire Custos, de Villemur.
[Page 98 Sevène]
Satisfait sur ce point, le juge royal lie tarda pas à revendiquer le droit de pointer, c'est-à-dire de désigner les nouveaux consuls sur la liste arrêtée par le conseil général, et le droit de recevoir le serment de ces magistrats. Ces prérogatives, qui étaient exercées par le gouverneur, ne cessèrent pas de l'être par lui ou par son lieutenant jusqu'à la mort de M. de la Molière, en 1630. A cette époque, la démolition du château entraîna la suppression des fonctions de gouverneur, et, d'autre part, la justice de Villemur fut unie à la judicature royale de Villelongue, avec création d'un siège de lieutenant pour Villemur.
La vente, sous réserve du droit de retrait, de la vicomté au chevalier de Vineuil, le 6 septembre 1643, ramena pendant quelques années l'administration communale au nie dont elle avait joui sous les anciens vicomtes la justice de Villemur était de nouveau imite à la Judicature de Villelongue en 1652. Par son arr-êt du 21 juin 1653, le Parlement de Toulouse enjoignit à N. Nicolas Sans de Grégoire, juge de cette judicature à Lavaur, de se transporter à Villemur et d'y procéder, le 23 du dit mois, à la mutation consulaire. A partir de cette époque, le juge en chef au siège de Lavaur vint présider les assemblées solennelles du 23 juin, le lieutenant an siège de Villemur présida les autres assemblées auxquelles il assistait. M. de Grégoire avait pointé et assermenté les consuls en 1653; le vicomte engagiste reprit cette prérogative l'année suivante. Il ne la conserva que quelques années.
A partir de 1658, elle fut dans les attributions du juge royal.
Entre les années 1631 et 1651, limites d'une lacune dans la série des registres consulaires, le nombre des conseillers honoraires avait été porté de vingt-quatre à trente-deux; chacun des consuls en proposait huit de sa classe.
Le personnel des officiers de la communauté avait été augmenté, quelques années auparavant, par l'institution de deux experts jurés chargés de l'estimation des dommages dans l'étendue du consulat; ils étaient élus annuellement avec les autres officiers.
L'égarement de divers documents motiva, en 1652, la création d'un garde-archives. Cette charge ne fut pas annuelle ; il y était pourvu, quand elle venait à vaquer, par le conseil général.
Mémoires de Mole, tome IV p.367.